Image par Gerd Altmann de Pixabay

FantomApp : l’application de la CNIL pour se protéger sur les réseaux sociaux

Les réseaux sociaux, nous y passons plusieurs heures par jour. Ils nous servent à communiquer, partager, regarder des contenus… Cependant certaines fonctionnalités ne sont pas sans risques et requièrent l’utilisation de données personnelles pour fonctionner correctement. Pour la protection de la vie privée des usagers, l’État a créé la loi Informatique et Libertés du 6 janvier 1978, dont découle la CNIL. Cette institution (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) est un organisme public qui agit au nom de l’État sans être placé sous l’autorité du gouvernement ou d’un ministre. Elle a pour rôle d’assurer la protection des données personnelles de chaque utilisateur. 

Fin 2025, la CNIL a élaboré l’application FantomApp. Elle est gratuite, disponible sur l’App Store, Google Play et accessible aussi en version web. Elle a été élaborée pour éduquer les jeunes internautes sur la protection de leur vie privée.

De quoi peut bien les protéger cette application ? Quels sont les risques encourus sur les réseaux sociaux ? Nous allons disséquer ce logiciel pour répondre à ces questions.

L’importance de sécuriser ses données personnelles

Qu’est-ce que les données personnelles ?  

Lors de la navigation ou de l’inscription sur certains sites internet et applications, nous transmettons nos informations personnelles : nom, prénom, date de naissance, numéro de téléphone… Ils utilisent parfois même notre géolocalisation.  Toutes ces informations sont stockées sur des serveurs et sont principalement utilisées à des fins commerciales. La conservation de toutes ces informations présente un risque. En effet, les serveurs sont régulièrement la cible de pirates informatiques (hackers) qui vont récupérer ces données pour les utiliser de manière malveillante. À défaut de pouvoir sécuriser les serveurs informatiques à 100%, nous pouvons nous protéger de la fuite de certaines informations par des moyens simples et à notre portée. 

Les 3 commandements de la protection 

Je configure les paramètres de sécurité : 

  • La navigation privée : Lorsque je vais sur internet, je vais dans les paramètres pour activer la “navigation privée”. De cette manière, je ne laisse pas de trace de ma navigation, et je n’accepte pas les cookies d’un inconnu.
  • La géolocalisation : Sur mon téléphone, je désactive la géolocalisation dans les paramètres. Je pars du principe que la planète entière n’a pas besoin de savoir où je me trouve en permanence.
  • La collecte des données : Je n’autorise pas l’IA à récupérer mes informations (photos, messages, commentaires, …). Je ne suis pas le cobaye de l’Intelligence Artificielle.

Je renforce la sécurité des accès : 

  • Le testeur de mot de passe : J’évalue la robustesse de mon mot de passe et j’évite les dates de naissance et autres combinaisons faciles à trouver. Comme je ne peux pas tout mémoriser, j’utilise un carnet et un stylo, le vintage c’est tendance.
  • La double authentification : J’ajoute une deuxième clé de sécurité lors de la connexion. 1 mot de passe c’est bien, 2 c’est toujours mieux.

Je contrôle mon identité numérique : 

  • Le test de visibilité : de temps en temps, je vérifie sur quels sites internet je suis identifié et à quel degré. Je peux taper mon nom et mon prénom dans mon moteur de recherche pour voir où je suis visible. Internet n’a pas besoin de me connaître.
  • La protection de mes images : Je définis un cadre pour les publications sur mes réseaux sociaux. Je respecte ma vie privée et celle des autres.
Photo de Peachaya Tanomsup sur Vecteezy

Les 3 cavaliers du piratage informatique :  

L’escroc

  • Pirate des comptes bancaires : Il entre dans mon compte en banque et part aux Maldives avec mes économies. C’est comme ça que je me retrouve à découvert.
  • Arnaqueur : Il se connecte à mes réseaux sociaux et demande de l’argent en mon nom à mes proches. Mon entourage n’est pas un distributeur de billets.

L’usurpateur 

  • Imposteur : Il se fait passer pour moi avec de faux comptes. Il utilise mes photos et mon identité à des fins frauduleuses. Je ne veux pas avoir à prouver mon innocence.
  • Hacker : Il se connecte à mes comptes sur les réseaux, boîte mail. Il peut également souscrire à des crédits ou signer des contrats à ma place, sans que je ne donne mon accord.

Le cyberharceleur

  • Commercial : Il vend mes données personnelles à des entreprises et je suis la cible de spams et publicités en masse. Mes plateformes et boîtes mails sont saturées.
  • Maître chanteur : Il laisse fuiter mes messages et photos privées ou menace de les divulguer à mes proches si je ne lui envoie pas d’argent. Ma vie privée devient une monnaie d’échange.
Photo de Titiwoot Weerawong sur Vecteezy

FantomApp : 

Qu’est-ce que c’est ? 

FantomApp est une application gratuite, développée par la Commission Nationale de L’informatique et des Libertés pour aider les 10-15 ans à protéger leurs données personnelles sur les réseaux sociaux. En effet, une étude menée dans les établissements scolaires a montré que les ados manquent de connaissance sur la protection de leur vie privée. La CNIL a donc décidé de développer ce logiciel avec des collégiens, pour répondre à cette lacune sur le sujet.

FantomApp est donc destiné à prévenir la fuite des données personnelles des ados sur les réseaux sociaux. Son but est de leur apprendre à gérer les risques liés à leur utilisation. Ce programme ne conserve aucune donnée personnelle hormis l’adresse IP lors de son utilisation.

Lors de son utilisation, nous sommes guidés par un petit fantôme, symbole de la discrétion en ligne.    

Photo de Yulia Gapeenko sur Vecteezy

La sécurité en ligne  

La protection sur les réseaux sociaux : 

  • Le mot de passe : En 3 étapes, je teste mon mot de passe et vois en combien de temps un hacker peut prendre le contrôle. Je n’ai pas besoin de faciliter le travail des pirates informatiques.
  • L’image : Je me rends anonyme sur les réseaux pour limiter mon identification en brouillant mon profil. Le flou sur les photos, c’est de l’art.
  • La visibilité : Je vois ce que mon profil révèle de ma vie privée pour éviter les usurpateurs. Je ne laisse personne jouer les imposteurs.

L’information sur chaque réseau : 

Chaque application a ses propres spécificités. FantomApp propose des tutoriels adaptés à chaque réseau social :  

  • Géolocalisation : Je limite la collecte de mes données personnelles car elle passe aussi par ce procédé de pistage.
  • Présence en ligne : Je contrôle mon image, je floute certaines photos.
  • Protection des données : Maintenant je sais ce que c’est et je ne les partage pas avec n’importe qui.
  • Conseils : Je suis responsable de ce qui se passe sur mon compte

Gestion des problèmes : 

  • Le harcèlement / la sextorsion : J’apprends à faire supprimer un contenu, quelle que soit la plateforme. Je bloque mes harceleurs, je me fais accompagner, je ne suis pas seul(e). Maintenant je sais que je peux contacter le 3018 pour obtenir un appui si je n’ose pas en parler à mes proches ou à la police.
  • Le piratage : Je suis le guide pas à pas pour récupérer l’accès à mes comptes lorsque c’est possible ou pour en augmenter la sécurité. J’informe mes proches du piratage informatique pour qu’ils ne soient pas “contaminés”.
  • L’escroquerie : Je veux me faire de l’argent facilement ou acheter des produits sur les réseaux et c’est une arnaque. Je suis mineur(e), j’en parle à mes parents pour qu’ils contactent leur banque.

Conclusion

FantomApp est une application destinée initialement aux plus jeunes (entre 10 et 15 ans) mais s’adresse tout autant à un public plus âgé. Personne n’est à l’abri d’une usurpation d’identité, d’une fraude, de cyberharcèlement, … Il faut protéger nos données personnelles autant que possible même si le risque 0 n’existe pas. Bien que l’application FantomApp ne soit pas un outil révolutionnaire et ne protège pas de la fuite de données, il propose des solutions. Il donne des conseils sur la gestion des problèmes rencontrés sur internet, des tutos pour se protéger et il informe sur les organismes existants qui peuvent nous venir en aide.

La navigation n’est pas sans risques, protégeons-nous pour utiliser nos réseaux sociaux en toute tranquillité.

Sources :

https://www.cnil.fr/fr/fantomapp

https://www.cnil.fr/fr